Les militants de l'Os de l'Ouarsenis et Theniet El Hâd devenus chefs de l'ALN ceux réunissent au mois d'août 1955 au douar Ouled Cheikh en aval de Amrouna . Ils décidèrent d'organiser le premier groupe armée , d'envoyer quelques voltigeurs au PC de la Wilaya IV afin de transmettre au frères Moudjahidines qui venaient de déclencher la révolution et que la région de Theniet El Hâd était bien prête pour l'action .(Ce rapport a été mentionné lors de congrès de la Soummam – une section de Djounoud existe à Theniet El Hâd –rapporté par : Ouamrane commandant la Wilaya IV ).
En ville l'ordre a été donné de préparer quelques attentats afin d 'éveiller la population citadine à l'action armée .En effet , il n'y eut aucune réaction après le 1er Novembre 1954 comme aucun militant n'était au courant du jour J de la révolution , les habitants ne s'inquiétèrent guère le premier attentat vînt leur annoncer que la guerre se répandue partout Bensmail Ahmed s'attaqua au gardien de nuit d'abord , et aux colons ruraux ensuite .
La cellule du parti communiste algérien crée en 1950 donna ordre à ces adhérants de provoquer dans les bars et les hôtels les notables français et musulmans .Les collecteurs de fonds furent désignés au seins de toutes les tendances politiques . En zone rurale , il n'y avait que le FLN et l'ALN .
Les Baraka Boukara , Dahane Laimèche , Djellouli Benyallah , Abdelhamid Elmahi étaient chargés de récupérer les collectes et de distribuer les tracts émanant du FLN ainsi que la diffusion dans tous les milieux lettrés des journaux (l'Algérie libre , la Nation algérienne , El Bassair etc...).
La première unité de combat commandée par Si Omar arriva à Amrouna près du lieu dit « Tazaret Sidi Bakhti » , dès lors , l'instruction militaire s'intensifia se répandit à travers toute la zone de Theniet El Hâd, les jeunes paysans rejoignirent en masse le maquis .
Le recrutement très sévère des jeunes citadins gonfla rapidement l'effectif des sections pour former des Katibas « El Hassania – El Youssoufia » .
Nous pouvons dire que vers la fin de l'année 1958 chaque zone de la Wilaya IV eut sa compagnie de combat .L'armement était très varié fusils de chasse MAT 49 , FM 24/29 STEN , MORTIER 60 et 81.
Cet armement français provenait des accrochages réussis , des coups de main et surtout des déserteurs algériens de l'armée française acquis au FLN.
Région boisée , terrain de combat à priori pour la guérilla , Theniet El Hâd devint le poste de commandement de la Wilaya IV sous la responsabilité des commandants Bougherra d'Elkhemis Miliana et de Bounâama de l'Ouarsenis .
Après le premier accrochage qui eut lieu en septembre 1956 au lieu dit « Sidi Bakhti » où une section de l'armée française fut anéantie et son capitaine fait prisonnier de l'ALN , l'inquiétude régna dans la région .L'oppression commença .
L'armée française brûla les taudis et obligea la population rurale à se regrouper autour des camps crées sur des pitons de la région . les camps de Guenar et Toutia accueillirent femmes , enfants et veillard des douars El Meddad, Khabaza , Bathia , ouled cheikh et Tiabine Ouled sidi Mansour .
L'état major français déclara la régionde Theniet El Hâd « zone interdite ».
Les S.A.S. s'installèrent en ville et dans les camps. Il faudrait cependant souligner que ce panier à crabes n'inquiétait guère les éléments de l'ALN de venir se ravitailler en toute quiétude à l'intérieur de ces regroupements forcés. Les paysans creusèrent des refuges et ravitaillèrent jusqu'à un rayon de 2 km les points indiqués par les Djounouds afin d'y déposer , médicaments ,nourriture et correspondance relatant les activités des militaires .
Durant l'hiver 1958, plus 250 citoyens musulmans furent tués une centaine arrêtée , les responsables furent jetés dans les prisons d'Al-Asnam Barberousse et Barouaghia . La cellule communiste fut anéantie totalement. Tous les militants furent tués par les chasseurs alpins de la caserne de Theniet El Hâd.
Si Bounaâma Mohamed connaissant parfaitement la région,acheva avec fermeté la formation d'hommes volontaires. Il constitua des commandos qui infligèrent en 1960 à l'année1962, une sévère défaite aux postes d'observations de l'armée française.
Les commandos opérèrent sans répis, allant jusqu'à prendre des soldats vivants à Elguenar et Toutia., Ces postes situés sur des sites panoramiques sur lesquels ne s'érigent aujourd'hui que le cadavre d'une somptueuse construction de Mirador , témoignent le passage d'une colonisation éphémère .
L'opération « pierres précieuses » déclenchée par les généraux de Degaule afin de persuader et démoraliser la résistance de tout un peuple , n'eut pas grand succès à Theniet El Hâd . Bien au contraire , elle avait permis aux sections de l'ALN , à son médecin le colonel « Katib dit Hassen » de déménager son hôpital ambulant , aux commandos de s'éparpiller vers les monts de Medéa « Djebel Louh » et l'Ouarsenis.
A Theniet El Hâd , la répression sévissait de plus belle sur, plus, de trois cents prisonniers, après les arrestations massives de l'attentat qui frappa un colonel sur le coup au lieu dit : « Café Simon 5 km au Sud de la ville ».
L'attentat fut exemplaire , et souvent vanté par les militants du FLN .
Le commando de trois djounouds ,réquisitionna une voiture de marque « vedette » et armé de Pistolets automatiques , ils mitraillèrent le centre de la ville notamment le bar Rossefelder fréquentés par (les pieds noirs) Pastou , trouva la mort. La terreur régna durant tout l'après midi du dimanche 15 septembre 1958 .
L'armée alertée, arma les colons et les poussèrent à venger le mort. Le jeune Triki Djillali paya de sa vie puisqu'il était revenu fermer son magasin laissé ouvert durant la panique de l'attentat, il tomba premier martyr de la ville.
Une autre action fut préparée par l'ALN à l'encontre du colonel de la caserne de Theniet El Hâd en 1959 , le colonel français « Dechaken » commandant le 5ème chasseur ayant PC à Theniet El Hâd trouva la mort sous le feu foudroyant de six djounouds à 6 km au Sud Ouest de la ville . Le général Massu avait assisté au cortège funèbre de la dépouille .
Les Moudjahidine sur ordre de la zone II, sous le commandement du chef (Sef) originaire de Blida ,se postèrent près de deux rochers '' en forme de gueule de loup'' au lieu dit « Café Simon » . A 15 heures précises , le colonel à bord de sa voiture , escorté d'un blindé, tomba sous le feu de l'ALN . Le colonel revenant d'une partie de chasse aux pigeons organisée par le Maire de Bourbakiet les notables musulmans et colons de la ville , fut touché au front et au cœur . Il succomba sur le champ .Le docteur Bertrant qui se trouvait à ses cotés dira plus tard que celui qui avait visé , était un tireur d'élite et pas n'importe qui !
Cette embuscade , son organisation, ses détailles
nous ont été rapportés par le djoundi Adjez Abdelkader dit « Hneche
En effet , les maquisards du commando de la zone II visaient bien et ne revenaient jamais bredouilles . Ils avaient récupéré un fusil à canon superposé un Mat 49 et deux jacquets ainsi que les pièces d'identité du capitaine chef d'escorte blessé gravement. Il succomba plus tard, car il ne fallait pas simplement frapper l'ennemi mais récupérer des armes afin de démoraliser et d'obliger à céder la Patrie Algérienne qui ne leur jamais appartenue « ils sont rentrés par les armes , ils quitteront le pays par les armes » telle était la devise des chefs de l'armée de libération nationale.
Malheureusement , la population va endurer davantage et va payer cher la mort du colonel des chasseurs.
Près du lieu de l'embuscade , entre 15 heures et 17h :00 c'est à dire une heure après que le médecin de l'hôpital de Theniet El Hâd annonça la mort effective de Dechaken , l'armée se vengea sur un douar « Ouled Boussedi », les bérim, Saadoui et le reste furent déchiquetés par des éclats d'obus de mortier et de grenades. Les vieillards achevés à l'arme blanche , furent jetés dans les Oueds desséchés .
Plus de quarante personnes , furent tués sur le champ .Etalés sur la route nationale 14 , ils restèrent là à la portée des animaux sauvages jusqu'au lendemain .
Bien d'autres actions inhumaines , sauvages exécrables même, sont à évoquer mais l'histoire de la révolution algérienne les ressuscitera dans les années à venir et les révélera au peuple et à la génération de la liberté .
Ces lieux-dits , ces montagnes , la forêt des cèdres nous incitent encore à évoquer ce passé récent de guerre , d'atrocités et de combats acharnés .
Combien sont tombés , blessés , agonisants ; combien ont attendu , espéré la fin de la guerre atroce , la victoire finale, la fin de la misère et de l'exploitation .
Ainsi en lisant ces pages , recueillons-nous quelques instants envers ces endroits où des centaines et des centaines de martyrs sont tombés au champ d'honneur , des milliers , et des milliers de paysans ont
donné leur vie pour la paix et la liberté
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1. Toubib Srir Le 08/03/2008 à 11:06
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